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Absence

Le temps se dégagrège.

Les bâtisses victorieuses,

Les salles somptueuses

Tout disparaît tôt ou tard.

 

Faut-il s'en émouvoir ?

Peu importe,

je ne m'émeus

que de ton absence.

Interdit

Est-ce par pudeur

ou par jeu

que tu me tournes le dos ?

 

Penses-tu ainsi te dérober

à mon regard affamé ?

 

Sais-tu combien

ma pupille,

en caressant ton échine,

pousse mon moi imaginaire

à réclamer ce festin interdit ?

 

Pudeur

Toi qui vois en dedans sans y pénétrer.

Toi qui ressens l’intérieur

en demeurant aux abords.

Comprends-tu mon effroi ?

 

La peur pudique d’être lu,

démasqué,

dénudé,

d’une simple caresse de ton regard avisé.

Jeu

Colin-maillard,
cache-cache
et saute-mouton,
souviens-t'en ...
Et nos poursuites infatigables
dans les recoins du vieux manoir ...


Nous attisions le jeu
et nous récoltions le feu.
Les murs vibraient de notre joie
et le monde entier n'était plus qu'émoi.

Impression

Marquez-moi

comme vous imprimez les murs !

 

Que votre encre vive

raconte sur ma peau

vos combats,

vos émois

et vos cris.

 

Je suis le livre

aux pages arides...

Versez-y tous vos "hier".

 

Plus tard,

lors d'une lecture du bout des doigts,

vous y découvrirez certains de vos "demain"

Eden

Face à mes guerres inutiles
finalement perdues,
face aux montagnes
du chaos
toujours à
déplacer,
malgré le courage
fuyant,
Je tiens bon !


Face à la douleur
toujours plus vive,
face aux coups
savamment portés
Malgré mon espoir
exsangue,
Je tiens bon !

Bien que mes plaies
soient purulentes
Bien que mes dents
se serrent
Bien que les larmes
coulent ,
Je tiens bon
et si je reste
debout,
c’est grâce à la
promesse
renouvelée sans
cesse
de me blottir en
toi,
toi, mon
arrière-monde,
mon antre sacré,
mon Eden personnel

Printemps

Je sais tes blessures, celles qui te brûle en dedans.

Je sais tes pleurs et ta perte.

 

Sois confiant.

Roi déchu,

conquérant conquis.

 

Il n’existe pas d’anéantissement …

 

Tout ce que tu as bâti s’écroule mais sois confiant en ma divine présence.

Car là où je passerai, l’herbe reverdira.


Dans les ruines de ta gloire perdue, je te fais la promesse de tous les fruits à venir.

 

Tour rimbaldienne

Rappelle-toi cette chanson de la plus haute Tour.

 

Attrape-moi !

 

Ne sois pas délicat !

Ne sois plus  asservi !

Il n’est plus temps de perdre sa vie !

 

Vis! Vis! Vis !

 

Que notre temps vienne ...

Ascension

Même si je ne suis pas une sainte,

et que mes promesses d’ascension n’ont rien de bibliques.

Suis-moi !

Je connais tous les secrets qui élèveront ton âme.

Mes paradis ne sont pas hypothétiques.

 

Feu

L'âtre était éteint

Définitivement.

 

Pourtant le feu jaillit et le froid n’emplit jamais l’espace.

 

De son apparat lugubre auquel nous ne prêtions pas d’attention,

Par la fenêtre, la nature faisait la morte.

 

Pourtant ce soir-là,

comme jamais la vie ne fut aussi  prégnante.

 

Diablesse

Crois-moi, homme éperdu :

 

Le diable n’est qu’un joueur malhabile

et dieu qu’un spectateur impuissant.

 

Je suis pire que ces deux-là réunis,

car je sais précisément l’objet de mon désir.

 

Je descendrai aux enfers

pour te ramener la quintessence du diable

et enfin tu comprendras

que face à la volonté d’une femme,

le Bien et le Mal sont des concepts surannés.

 

Sublimation

 

Tout est sublimé…

Le banal comme l’exceptionnel,

Tout se pare d’un attrait supérieur

lorsqu’en les regardant,

je t’aperçois dans mon champs de vision.

 

Tout est sublimé…

Mes besoins comme mes envies,

Tout projet retrouve une énergie nouvelle

tant qu’à mes yeux s’offre la félicité de ton image.

 

Maîtresse

Un souffle de dentelle,

une ombre indiscrète sur ma lumineuse peau nue,

et te voilà affamé et captif

comme un animal de compagnie fidèle

qui guette fébrilement le geste tant attendu de sa maîtresse,

le geste sacré,

annonciateur du prochain festin sensuel.

 

"Crucifière"

Ceci n’est pas une crucifixion.

 

C’est la fierté extatique d’être femme !

Quand chaque cellule de mon corps résonne avec la volonté  impérieuse de la nature,

je sais que je suis une déesse.

 

Ceci n’est pas une crucifixion, c’est une délectation !

 

Fin de l’enfance

Le hasard de l’errance me poussa vers cette salle enfantine où mon esprit vogua vers les lointains dessins animés, et  les jeux de mon enfance.

Tandis que Disney se jouait de ma mémoire, tu parus, telle une impératrice drapée de rouge.

 

L’enfance s’évanouit à jamais dans la chaleur soudaine du lieu. Il n’en demeura plus que le goût du Jeu.

 

Démiurge

Si je surplombe ainsi  ton feu,

confiante en tous les effets de mon charme,

c’est que j’attends fébrilement

que, fort de tes désirs d’homme,

tu t’ériges en dieu.

 

Le temps s’écoule

Le temps s’écoule

Le temps s’évapore.

 

Dans ses vapeurs,

les souvenirs déjà lointains,

les moments perdus.

 

Je regrette souvent le temps évanoui

pourtant il n’y a pas de perte

si les minutes et les secondes

sont employées à t’admirer.

 

Comme Rosine

Telle Rosine à sa toilette,

Tu ignores le trouble qui bouleverse mon ventre.

Et si je l’exprime,

ton regard innocent et étonné semble me dire :

“Je n’ai rien fait pour ça”

 

Admiration

Je t’avouerai mes plaisirs secrets, je te conterai mes peines, mes douleurs.

Je te livrerai mon histoire :

 

La violence de mes amants,

Mes devoirs sans frémissement,

Mes regards dans le vide…

 

Je te livrerai mon histoire :

Mes extases impromptues,

Mes emportements épidermiques

 

Je te livrerai mon histoire :

Mes rêves déchus,

Et ceux qui me portent encore

 

Mais avant tout cela, avant qu’une fois de plus je ne me donne,

dis-moi que tu es venu pour m’admirer ...

 

Mouvement

Rien n’égale les mouvements de ton corps.

De son onde, il électrise l’Univers entier.

Ta gymnastique est un acte spirituel.

 

 

Vaisseau

je suis un fier vaisseau

glissant sur l’onde sensuelle de la vie.

Ma proue cambrée,

l’air hautain,

toujours j’avance avec volupté,

volontaire et aérien.

 

Profession de foi charnelle

Je crois en la sagesse du corps.

En tout temps et en tous lieux, 

toujours il s'exprime avec justesse.

 

Je crois aux sens, 

ses portes-paroles

bienfaiteurs discrets de l'Etre.

 

Je crois aux plaisirs

moteurs de la vie

dont il jouit.

Pour eux, le corps touche au divin

quand il atteint

son paroxysme extatique.

 

Je crois que le corps et l'âme

sont indissociables.

Ils sont partenaires 

sur les chemins allègres.

Le bonheur de l'âme

dépend de son bien-être.

 

Je crois au corps, 

à ses dons et ses récoltes,

à sa générosité sans borne.

 

Je ne crois pas aux lois

qui le brideraient,

car il procède d'une morale ultime :

se destiner à jouir, faire jouir et s'épanouir

dans les limites humaines.

Le couper dans on élan

est un péché

uniquement profitable aux tyrans.

Devant

J’ai tourné le dos au riche passé

aux gloires oubliées

aux plaisirs fugaces

aux apparences fragiles.

 

Si je peux le faire,

tu le peux aussi

Ô mon frère, Ô mon amant

 

Suis-moi vers l’avenir,

je t’offre l’évidence,

les plaisirs futurs,

les gloires sensuelles,

les amours indémodables…

 

Comme puis-je en être sûr ?

C’est simple,

C’est moi qui me donnerai !